Présentation

Nom du blog :
Jean NOEL-Devoir de mémoire (Société/His

Description du blog :
Consacré essentiellement à l'Histoire des Casques blancs français au Liban

Date de création :
24 mai 2010 à 00:00

Date de modification :
13 avril 2017 à 18:30

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Editorial


Quand on s'investit dans le travail de mémoire - certes imparfait mais qui a le mérite d'exister - que je mène notamment au sujet du Détachement des Observateurs français au Liban et dont l'année 2011 a vu le 25e anniversaire de son retrait de Beyrouth, le moindre encouragement sympathique tel que celui cité ci-dessous devient un véritable levier amplificateur et m'incite vivement à persister.

 



« Je me permets de vous contacter car je suis tombé sur votre blog très bien fait et illustré. Je suis un jeune militaire de 24 ans (officier-marinier) et j'ai beaucoup apprécié le devoir de mémoire que vous faites au travers de votre blog concernant les 7 observateurs tués durant leur mission au pays du Cèdre. »

***

 



2011 Avec la chute du Gouvernement  libanais le 12 janvier 2011, la nomination le 25 du même mois d'un nouveau Premier ministre déjà contesté et donc au moment où les pires inquiétudes sont à craindre : " Toute déstabilisation du Liban ne peut que faire le jeu de Téhéran et crisper encore un peu plus Israel " (Ouest-France du 26 janvier 2011), je souhaite que l'on se souvienne que plusieurs (5 officiers, 2 sous-officiers) des quelque 400  "Casques blancs", quasiment sans armes, qu'a compté en deux ans le DETOBS, ont donné leur vie - il y a plus de 25 ans maintenant - pour une toute petite et de toute évidence malheureusement insuffisante "parcelle de paix".

Dimanche 13 mars « Manifestation à Beyrouth contre l'arsenal du Hezbollah ».  [ Le feu couve toujours ]. Mardi 15 mars « Le patriarche Bechara al Rai remplace le cardinal Sfeir à la tête des Maronites libanais alors que leur communauté est politiquement divisée entre le soutien au camp sunnite de Saad Hariri (ex- Premier ministre) et ses adversaires conduits par le Hezbollah chiite responsable de son renversement ». Mercredi 20 avril  « Tous (les Occidentaux prudents) craignent qu'une déstabilisation de la Syrie, mosaïque religieuse, entraîne le Liban dans le chaos ». Lundi 13 juin « Hier, les Etats-Unis réclamaient l'accès immédiat pour la Croix-Rouge (dans le nord de la Syrie) afin d'éviter une "crise humanitaire". Berlin et Londres appelaient à l'adoption en urgence d'une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU condamnant le régime d'Assad. Scénario peu probable. Moscou et Pékin s'y opposent et ils ont un allié, le Liban, à la merci des représailles syriennes ». [ Ce qui ne laisse envisager rien de bon, une fois de plus, pour ce pays - note du rédacteur ]. Mardi 14 juin « Le Liban a un nouveau gouvernement (Najib Mikati). Après cinq mois de négociations ardues, le pays s'est doté, lundi, d'un nouveau gouvernement dominé par le Hezbollah et ses alliés (le Général Aoun notamment) ». Samedi 2 juillet  « Quatre cadres du Hezbollah mis en cause (dans l'enquête sur l'assassinat, en 2005, du Premier ministre Raffic Hariri) ». [ Mauvais présage... ]





 


A propos du 19 Mars

date 23-03-2017 - Voir tous les articles de la catégorie 76 SMM 76 SMM - com 0 commentaire(s)-

A propos du 19 Mars
On n'est pas obligé d'être toujours d'accord

Pour qui se prennent-ils ces Présidents qui, sous couvert de cultiver les (leurs) valeurs, prétendent nous faire des leçons d’éthique pour l’un et "catégoriser" les  morts  pour l’autre, ceux d’avant le 19 mars 1962 et ceux d’après.
 
Je m’étais déjà indigné et avais écrit un article dans un "blog ouvert au Président général de la SNEMM", resté comme je pouvais m’y attendre "lettre morte",
http://detobs85.easy4blog.com/article--22blog-ouvert-22-au-president-general-de-la-snemm-461226.html

quand dans son mot pour la Revue "La Médaille Militaire" N° 588 de septembre 2015, il avait – entre autres - martelé : « Me faut-il le redire ? La SNEMM n’est pas une association patriotique ». J’avais trouvé qu’il y aurait pu avoir mieux comme accroche d'édito. Je ne devais pas être le seul puisque, le 16/10/2015  ce "directeur de conscience" se permettait le communiqué suivant : « À la lecture de la dernière revue, certains d’entre vous se sont étonnés que je mentionne le fait que la SNEMM n’est pas une association patriotique. Sans vouloir froisser qui que ce soit, je me permets de vous inviter à vous reporter à son origine : association de soutien entre médaillés militaires, à cette époque où Sécurité Sociale ou mutuelles n’existaient pas. L’un de ses intitulés a d’ailleurs été « Société de secours mutuels » et, encore aujourd’hui, le mot « Entraide » est utilisé dans son appellation. Je me permets encore de souligner que c’est cette notion à caractère social sur laquelle se fonde l’utilité publique que les instances lui reconnaissent depuis fort longtemps. L’intérêt général dont elle peut se prévaloir depuis quelques temps s’inscrit, de même, dans cet esprit. Enfin, j’ajouterai qu’au sein de l’ONAC, la SNEMM siège au titre d’association de porteurs d’une décoration, et non comme association d’anciens combattants. Il n’y a donc pas lieu de s’offusquer de mes propos, mais d’être fiers d’adhérer à une association généreuse et altruiste qui sait, compte tenu de son passé, se souvenir des conditions dans lesquelles elle a été créée. »
Il se raccroche aux branches comme il peut mais je ne vois pas comment, origine, intitulé, caractère social, intérêt général, empêcheraient en quoi que ce soit cette Association d’être (peut-être avant tout) patriotique. Dès lors, si ce Président se permet (comme il l’écrit à l’envi), il n’y a aucune raison que d’autres ne puissent pas se permettre aussi de contester et, en l’espèce, il y a bien lieu de s’offusquer. Avec ce "Mot du Président", il porte évidemment tort à la Médaille militaire, à la SNEMM et se discrédite.
 
Le 09/12/2015, sa prise de position sur l'éventualité de décorer de la Légion d'honneur à titre posthume les victimes des attentats du 13 novembre 2015 n'a pas été beaucoup plus heureuse. Les victimes, ou plutôt leurs familles et ayants-droit, ont sûrement été "contentes" d'apprendre que cette démarche « tendrait à altérer la destination de la Légion d'honneur » et que la SNEMM « estime important de ne pas galvauder les valeurs des décoraions en vigueur ».

Nous en arrivons à cette déplorable (bien que son discours ait été sérieusement et, sans doute, intentionnellement tronqué) affaire Macron. Je me demande encore pourquoi il s’en mêle puisque, comme il l’a lui-même écrit,« la SNEMM siège au titre d’association de porteurs d’une décoration, et non comme association d’anciens combattants ». Il devrait aller expliquer cela à tous ceux qui ont donné leur vie, ont été blessés dans leur corps et dans leur âme, psychologiquement, pire, ont été trahis. Silence dans les rangs ! C’est à force d’écouter de tels "guides", présidents moralisateurs et donneurs de leçons, prêchant l’éthique à géométrie variable (on va le voir avec l’affaire de la FNACA) que l’individu, possiblement lobotomisé par de telles "consignes" et recommandations, ne dispose plus de sa liberté de penser. J’imagine que ce n’est pas pour rien que le site de la SNEMM n’est accessible qu’à ses membres et qu’il n’offre pas (manifestement à dessein) de blog à leur disposition… ou à celle d’invités, ce qui "protège"’ - évidemment – des questions qui fâchent. La "communication", les confrontations, les échanges, y seraient probablement vigoureux. On a changé de monde, il serait peut-être temps de s’en apercevoir. C’est terminé de tout vouloir imposer et verrouiller, d’inciter "fortement" les adhérents – pensée unique oblige - à penser forcément comme le Président. On peut (doit), désormais, voir plusieurs têtes et peut-être même une oreille qui dépasse.
 
Géométrie variable, oui. Parce que  ce Président, à l’éthique rigoureuse, refusant à ses "ouailles" d’exprimer un avis sur l’affaire Macron, ne rechigne pas – lui - à provoquer un débat
dont on connaît le caractère éminemment politique, lorsqu’il s’agit de la FNACA (réputée idéologiquement à gauche) et des polémiques suite à une faute, au demeurant vite rectifiée
http://www.lavoixdunord.fr/121413/article/2017-02-20/la-bourde-qui-scandalise-les-anciens-combattants-d-algerie

mais le mal était fait, de la mairie de Coudekerque-Branche. C’est, en effet la communication très mal maîtrisée par la municipalité qui, en laissant afficher l’emblème national algérien sur le carton d’invitation à commémorer le 55ème anniversaire  du 19 mars 1962, a mis le feu aux poudres. On aura compris : Macron pas touche, c’est politique ! FNACA : bien que particulièrement politique, mais puisque la majorité des associations combattantes (la SNEMM n’en étant pourtant pas une…) est contre cette date du 19 mars, on peut cogner !
Nous pouvions penser, depuis la Loi du 6 décembre 2012 relative à la reconnaissance du 19 mars comme "Journée nationale du souvenir et de recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc", que la mémoire – précisément -  avait tendance à s’apaiser. Que non ! Ne voilà–t’il pas que le zélé Président de la  76ème Section des Médaillés militaires de La Flèche, croyant, pour une fois, faire preuve – mais en retard et à tort - d’une bonne initiative, en rajoute et s’abstient, contrairement aux années précédentes depuis la promulgation de la loi, de déposer une gerbe au monument aux morts de La Flèche ce 19 mars 2017. Incroyable et inique décision ! On ne trie pas les morts, les "bons" : ceux d'après mars 1962 ? ; les "mauvais" : ceux d’avant le 19 mars 1962 ? Je doute que son apparente mais hypocrite solidarité à participer à la manifestation soit allée jusqu’à expliquer son contestable "mouvement d’humeur" au Président local de la FNACA ! A l’évidence, il n’a pas, non plus, lu ce Président départemental, blessé par la polémique d’alors (2002) mais, malheureusement, toujours latente  15 ans après : « Il s’agit juste de rappeler que la FNACA a choisi cette date du "Cessez-le-feu" pour se souvenir des copains qui sont morts là-bas. D’autant plus que personne ne réfute les arguments selon lesquels il y a encore eu des morts après le 19 mars 1962. »
On l’aura compris, sa servile manœuvre n’aura pas échappé à quelques observateurs de la manifestation. Allons donc ! Pas de gerbe - pour un mauvais prétexte -, c’est une dépense en moins pour la caisse d’une Section dont les objectifs ont radicalement changé par rapport à ceux fixés par son prédécesseur, notamment depuis une dizaine d’années. Au lieu de cette action mesquine, il aurait mieux valu qu’il se consacre à célébrer le 110ème anniversaire de ladite Section, comme il se devait, à la hauteur de l’événement. Un coup de « Ripolin » au "Rond Point des Médaillés militaires", sans même en faire redresser les panneaux de signalisation, ne suffit pas. Quelque chose de concret comme, par exemple, réitérer une demande de salle dédiée à la Médaille militaire ou encore, avec les moyens actuels de communication, construire un site de la Section, voilà qui serait positif. Quelles initiatives en 14 ans de présidence ? Quasiment pas. Celles d’avant 2008, ce n’est pas lui qui les a prises, après 2008 presque un désert. Dans d’autres domaines, certains ont parlé de « roi fainéant », d’« audit », de « devoir d’inventaire », de « bilan contre bilan ». Ce serait tout à fait d’actualité.
Ce matin du 19 mars 2017, en ne déposant pas de gerbe en hommage à la dizaine de tués de la ville de La Flèche au cours de la Guerre d’Algérie, ce Président n’a pas "puni" (ce que ne demandait d’ailleurs pas le Président général de la SNEMM), l’irresponsable rédacteur d’un courrier au caractère choquant il est vrai mais, il faut aussi le redire, très vite reconnu comme tel et rectifié promptement. D’un, certes regrettable mais limité accident de communication, il en a fait, de sa propre mais douteuse initiative et pensant sans doute asseoir un peu plus son pouvoir sur un comité "godillot", tout un pataquès, sanctionnant ainsi, non pas l’auteur du carton, pour le moins ignorant de l’Histoire, ni même la FNACA, mais les morts fléchois tombés en Algérie. Quelle honte !
 
En n’honorant que partiellement les morts d’Algérie par une lamentable demi-mesure (le drapeau oui, une gerbe non) particulièrement injuste, il s’est, lui aussi, discrédité. Il est vrai que deux "septennats" montrent ses limites… notamment le dernier. Il faut, à l’évidence, du sang neuf et donc, manifestement, songer rapidement à la relève !

Auteur Detobs85 - Tags SNEMM;FNACA


Un lecteur inattendu

date 23-01-2017 - Voir tous les articles de la catégorie Casques blancs Casques blancs - com 0 commentaire(s)-

Un lecteur inattendu
Message de Hady Nassif
fils du Général (photo) Jean Nassif
 
Bonsoir M. Noel,

Merci pour ce beau site et blog que vous avez dédié aux soldats de la paix au Liban.

J'ai connu les casques blancs au Liban à travers mon père le général Jean Nassif (armée libanaise) qui était le chef du comité quadripartite sis à l'hippodrome de Beyrouth.

À l'âge de 16 ans je l'avais accompagné à la résidence des pins au moment de la remise des médailles du mérite libanais aux officiers partants.

Mon père est toujours en bonne santé, 82 ans, il garde le meilleur souvenir de la bravoure des casques blancs et des chefs de DETOBS qui se sont succédés. Il voudrait avoir de leur nouvelles et leurs numéros de contact si possible.

Je me rends souvent à Paris pour mon travail et peut-être que mon père pourrait m'accompagner au printemps pour revoir touts les anciens et rendre hommage à ceux qui sont tombés pour la paix au Liban.

Bien à vous.

Hady J. Nassif


⇒ J'ai transféré ce message, reçu le 18 janvier 2017, au Président de l'ACBFL qui m'a assuré y réfléchir et de me tenir informé des éventuelles initiatives prises, lesquelles seront évidemment transcrites sur ce blog.

Auteur Detobs85 - Tags Casques blancs, Général Nassif


Monument dédié aux OPEX

date 07-01-2017 - Voir tous les articles de la catégorie Casques blancs Casques blancs - com 0 commentaire(s)-

Monument dédié aux OPEX
La première pierre du monument dédié aux soldats morts en OPEX sera posée le 23 mars

Cela fait maintenant plus de cinq ans qu’il en est question… La première pierre du monument dédié aux militaires français tués lors d'opérations extérieures sera (enfin) posée le 23 mars prochain, au parc André-Citroën, dans le 15e arrondissement de Paris. L’annonce en a été faite par le président Hollande.
« J’ai voulu que le 23 mars, une cérémonie puisse marquer le lancement d’un projet de monument des opérations extérieures. Il sera érigé à Paris en mémoire de nos 600 soldats, aviateurs et marins morts pour la France en opérations extérieures depuis 50 ans », a en effet déclaré le chef de l’État, à l’occasion de ses voeux aux Armées, ce 6 janvier, sur la base aérienne 118 de Mont-de-Marsan.
En outre, le locataire de l’Élysée a tenu à saluer la mémoire de tous « ceux qui ont donné leur vie pour la France toutes ces dernières années » et à honorer leur sacrifice. « Les Français savent ce qu’ils vous doivent, ils mesurent les risques que vous prenez et les sacrifices que vous acceptez. En leur nom, je veux vous témoigner ma gratitude », a-t-il dit aux militaires présents.
« C’est un prix du sang très élevé, mais c’est aussi la place et l’honneur de nos armées que d’être en première ligne dans le combat que nous menons pour la paix, pour la liberté et pour les valeurs de la République », a encore fait valoir M. Hollande, qui a eu un mot pour les familles des militaires morts pour la France.
Des « familles marquées par le chagrin » qui, a-t-il dit, l’ont toujours « saisi par leur dignité, et même par leur fierté, avec le sacrifice de leurs enfants », qui « savent pourquoi ils sont morts » car « c’était le sens même de ce qu’ils avaient voulu donner en s’engageant pour nos armées. »
L’idée d’ériger un monument dédié aux militaires morts lors d’opérations extérieures a vu le jour en octobre 2011, après la remise d’un rapport rédigé par le général Bernard Thorette, un ancien chef d’état-major de l’armée de Terre aujourd’hui très investi pour la cause des blessés de guerre.
Ce projet aurait pu être lancé rapidement. Mais c’était sans compter sur l’opposition, pour des « raisons esthétiques », de certains habitants du VIIe arrondissement, où il était prévu de construire le monument en question (précisément sur la place Vauban). Finalement, il fut décidé de l’ériger près de l’Hexagone [le nouveau siège du ministère de la Défense, dans le XVe arrondissement, ndlr], précisément dans le parc André Citroën.
Mais là encore, il y eut des contrariétés administratives étant donné qu’il fallait obtenir l’accord des architectes et des paysagistes qui aménagèrent le parc André Citroën au titre de la propriété intellectuelle. Et les discussions durèrent près de 2 ans.
Ce n’est qu’en octobre 2016 que Jean-Marc Todeschini, le secrétaire d’État chargé des Anciens combattants et de la Mémoire (SEDAC), a annoncé aux députés que tous ces problèmes étaient réglés. Dans le même temps, un « avis à candidature » a été publié au Bulletin officiel des annonces de marchés publics afin de confier la création de ce monument à un « artiste », dans le « respect des contraintes architecturales et techniques. » Une décision doit être rendue publique en février 2017.

(Posté dans Armée-Nation. Opérations par Laurent Lagneau le 06-01-2017) 

►Photo  : hommage aux OPEX en général et à nos camarades "Casques blancs" en particulier le 29 septembre  2013 à Caen

Parce que très controversé (surtout en raison de son emplacement), il faudra absolument s'assurer que le nom de chacun de nos 7 camarades "tués au Liban au service de la France", figure bien sur ce futur monument.


 

Auteur Detobs85 - Tags OPEX, monument, Casques blancs


Et maintenant ?

date 08-11-2016 - Voir tous les articles de la catégorie Casques blancs Casques blancs - com 0 commentaire(s)-

Et maintenant ?

Michel Aoun à la Présidence libanaise : la fin de la galère au Liban ?

Les urnes ont parlé et ont permis (sans trop de suspense) au Général Aoun d'accéder, enfin mais à quel prix, à la fonction suprême - tant convoitée et depuis tellement de temps - de Président de la République. La désignation du Président du Conseil des Ministres, Saad Hariri, n'a pas été, non plus, une surprise. Reste à former le Gouvernement ! Cela devient "une autre paire de manches" ! Je crains bien que l'entente (de façade) plus ou moins affichée, se fissure rapidement et montre - si ce n'est pas déjà le cas - très tôt ses limites.
Il ne m'appartient pas forcément, tout comme à l'époque des "Casques blancs français au Liban", de prendre parti. Je sais, et j'ai eu maintes fois l'occasion de le constater, que l'opinion d'un modeste Observateur, tel que je l'ai été, ne compte pas mais je veux tout de même :
> citer une publication, que je trouve intéressante, d'Elena Aoun, parue sur RTBF.be,
> ne pas m'empêcher de m'interroger, encore une fois, sur la signification de la mort, que l'on nous assure n'avoir pas été vaine, de nos camarades - au moins pour deux d'entre-eux en tout cas, Grécourt et Perrot -. Il est vrai que le temps a passé : ironie de l'Histoire, c'était au temps justement où le général Aoun commandait l'Armée libanaise et combattait le Hezbollah, lequel est fortement  soupçonné d'avoir abattu, à armes inégales [Kalachnikov(s) contre PA symboliques, probablement non "armés" d'ailleurs] nos deux "Soldats de la Paix".


Elena Aoun
Publié le lundi 07 novembre 2016 à 11h00  (RTBF.be)

« Comme le ressac, les contorsions politiques libanaises finissent par ramener invariablement des visages familiers aux postes névralgiques du pouvoir.

Après une longue vacance au sommet de l’Etat qui perdurait depuis mai 2014, le pays est doté à nouveau d’un président de la République : le "imad" (général en arabe) Michel Aoun. Aujourd'hui octogénaire, le général Aoun est une figure qui hante la scène politique libanaise depuis une trentaine d’années. Après un parcours bien tortueux, marqué notamment par l’exil, il accède aujourd’hui à la plus haute magistrature du pays, comme il l’a voulu, avec une ténacité telle qu’on ne sait si l’on doit l’admirer ou bien le redouter. De fait, loin d’être une personne de consensus et de rassemblement, Michel Aoun est le candidat par défaut d’une impasse qu’il a largement contribué à créer. Bien évidemment, les chancelleries ont un peu partout dans le monde acté la fin de la vacance présidentielle en s’en félicitant et en espérant que la nouvelle équipe prendra à bras-le-corps les multiples défis qui l’attendent. Même si prédomine ici ou là le sentiment que c’est l’axe "Hezbollah / Iran" qui remporte la manche, le soulagement est de rigueur. Cependant, l’équation libanaise demeure fort complexe et l’élection du général Aoun à la tête de l’Etat marque la fin d’un simple point de grippage dans une crise bien plus large, multidimensionnelle, et qui dépasse les frontières du pays. Et la personnalité du général Aoun n’est pas un gage d’apaisement dans un contexte particulièrement clivé au niveau interne et aggravé par l’effervescence régionale.
Après une brève reconstitution du parcours politique du général Aoun, cette contribution tentera de montrer en quoi son élection n’est pas forcément synonyme d’une résolution de la crise libanaise qui dure depuis – au moins – une décennie.

Michel Aoun : retournement de fortunes, retournement de veste
A la différence d’une grande partie de la classe politique libanaise, Michel Aoun est issu des rangs de l’armée et non pas d’une de ces dynasties politico-communautaires qui, à l’instar des Gemayel ou des Joumblatt, semblent indélogeables. Il a connu son heure de gloire dans les années 1980. Chef de l’armée libanaise au moment où s’achevait le mandat présidentiel d’Amine Gemayel en 1988 sans qu’un successeur soit élu, il fut nommé par le président sortant "premier ministre par intérim", un coup de théâtre à quelques heures de l’expiration du mandat présidentiel. Cela permettait, entre bien d’autres raisons, de laisser le pays (alors en proie à la guerre civile) entre les mains d’un maronite (pratiquant le rite chrétien oriental rattaché au Vatican), puisque tant la présidence de la république que la fonction de chef de l’armée nationale sont réservées exclusivement à des membres de cette communauté.
Toutefois, le pays disposait déjà d’un gouvernement, présidé par le sunnite Sélim al Hoss; qui plus est, les membres musulmans du cabinet réduit intérimaire nommé par le président sortant refusèrent d’y siéger. Se réclamant de deux légitimités, voire de deux légalités en compétition, la confrontation des deux gouvernements ouvrait une période de division et de crise constitutionnelle sans précédent. Fort de sa capacité de mobilisation de l’opinion chrétienne, le général Aoun se lance alors dans une "guerre de libération" contre les Syriens qui, présents dans le pays quasiment dès le début de la guerre civile (1975), avaient depuis considérablement renforcé leur influence. Au final, en 1989 et 1990, le général Aoun et les brigades de l’armée libanaise qui lui sont fidèles se lancent dans trois conflits armés : l’un avec les forces commandées par le cabinet "musulman" rival, le deuxième avec la Syrie, le troisième contre l’autre principal acteur chrétien, la milice des "Forces libanaises". Les victimes sont nombreuses de part et d’autre des lignes de ces différents conflits ; et si une partie de la population essentiellement chrétienne voit aujourd’hui en Michel Aoun un patriote qui a essayé de rasseoir l’autorité de l’Etat à cette époque, une autre partie, significative, voit en lui un criminel de guerre  peu soucieux de la vie des Libanais.
En tout état de cause,  l’aventurisme de Michel Aoun contribue à précipiter la fin de la guerre civile dans un contexte favorable marqué par la fin de la guerre froide et les réalignements induits par la première guerre d’Irak  (1990). Le 13 octobre 1990, alors que tous les regards sont tournés vers le Golfe, l’armée syrienne déloge le général Aoun retranché dans le palais présidentiel de Baabda. Violente, cette opération est considérée par la communauté internationale comme le prix à payer pour la mise en œuvre de l’accord de Taëf qui, revoyant la formule du partage du pouvoir entre différentes composantes libanaises, mettait terme à la guerre civile. La France offre à Michel Aoun un asile qui durera 15 ans.
En 2005 en effet, les cartes du jeu politique libanais sont rebattues avec l’assassinat de Rafic Hariri, figure dominante de l’après-guerre et plusieurs fois chef de gouvernement jusqu’à sa démission, peu de temps auparavant, en dénonciation de l’ingérence syrienne jusque-là bien tolérée. Il ouvre la voie à un retrait des forces syriennes et au retour du général Aoun de son exil en France. Dans l’effervescence qui suit l’assassinat de Hariri, le pays se fracture avec, d’un côté, les "amis" de la Syrie (ou coalition du 8 Mars), principalement le Hezbollah et l’autre formation chiite, Amal, et, de l’autre, les opposants à la Syrie, principalement les partis sunnites et chrétiens (ou coalition du 14 Mars). Dans ce contexte nouveau, Michel Aoun se positionne non pas dans le camp "anti-syrien", soutenu par les puissances occidentales dont la France, mais dans le camp "pro-syrien", devenant le principal allié non-chiite du Hezbollah, considéré comme une extension de l’axe "Syrie-Iran". Si une partie des fidèles du général Aoun adhère à ce retournement qui lui apparaît stratégique en termes de repositionnement des Chrétiens du Liban, d’autres y voient le signe d’un opportunisme politique difficile à accepter.
Au cours de la décennie qui suit, Aoun et son Courant patriotique libre deviennent des protagonistes importants de la scène politique libanaise. Constants dans l’alliance avec le Hezbollah, ils participeront à tous les bras de fer qui vont marquer le pays, en particulier les multiples crises gouvernementales qui vont régulièrement gripper le fonctionnement des institutions étatiques. Quand en 2014 se profile à nouveau le psychodrame de l’élection présidentielle sans que cette fois le président sortant, Michel Sleimane, accepte de jouer les prolongations, Aoun voit la dernière occasion de briguer la magistrature suprême. Fort de l’appui du camp du 8 Mars, crispé sur le slogan "moi ou personne", il parvient à paralyser le processus d’élection présidentielle en pratiquant l’absentéisme. Au Liban en effet, le président est élu par le parlement, et l’opération requiert un quorum. Or, à 45 reprises, l’absence des députés aounistes et de leurs alliés a empêché que le quorum soit atteint et que l’élection se tienne.
Dans le bras de fer qui aura duré de mai 2014 à octobre 2016, le général Aoun a réussi des rapprochements qui relèvent d’acrobaties politiques patentes, à l’instar de la "réconciliation" avec le leader des Forces libanaises, Samir Geagea, en dépit de la guerre fratricide et sanglante qui les avaient opposés en 1989-1990, et l’entente avec Saad Hariri, chef de file de la coalition du 14 Mars, qui a concrètement rendu possible l’élection d’Aoun le 31 octobre dernier.
Si ses supporters voient en lui un homme providentiel au verbe haut et franc qui se retrouve – enfin ! – en position de réformer le pays, bien d’autres redoutent un caractère irascible, manœuvrier, autoritaire, qui ne saura pas rassembler. Et qui serait un piètre protecteur des normes constitutionnelles ainsi qu’en atteste la stratégie anticonstitutionnelle adoptée pendant plus de deux ans pour entraver l’élection d’un autre président que lui-même.

L’élection d’Aoun : fin de crise au Liban ?
Au-delà de la personne et de la personnalité du général Aoun, l’une des principales questions qui se posent est celle de savoir si son élection à la tête du pays marque la fin de la crise au Liban.
Il est évident que la fin de la vacance à la tête de l’Etat règle le principal aspect institutionnel de la crise que traverse le pays. Mais comme le vide présidentiel n’était que le symptôme d’une maladie plus profonde et complexe, l’élection en soi ne règle rien sur le fond. Elle témoigne d’un assouplissement tout au moins apparent des parties en lice, d’une volonté de trouver des compromis, et ouvre une fenêtre d’opportunité pour assainir la scène politique libanaise et résorber, en partie au moins, les clivages qui la caractérisent depuis le milieu des années 2000. Mais les défis, imbriqués avec les enjeux régionaux, sont considérables. 
Revenons aux sources de la crise. En 1990, la guerre civile libanaise s’achève avec l’éviction militaire d’Aoun par l’armée syrienne ; cette dernière contrôle la majeure partie du territoire national, offrant au régime de Hafez el Assad un instrument qui lui permettra de peser étroitement sur la scène politique libanaise. Eu égard à une conjonction d’intérêts à un moment où un processus de paix israélo-arabe est mis en route, la Syrie permet au Hezbollah de maintenir son armement au Liban afin de s’en servir pour influer, indirectement, sur les négociations à venir avec Israël. Toutefois, celles-ci n’aboutissent pas et Israël décide de se retirer du Liban unilatéralement en 2000, le prix de l’occupation s’accroissant avec le renforcement du Hezbollah. Ce retrait remet en cause l’équilibre qu’avait cautionné la communauté internationale en 1990, à savoir une double occupation du Liban, Israël au Sud, la Syrie partout ailleurs. Lorsque se profile en 2004 l’élection présidentielle libanaise, une partie de la classe politique, menée par Rafic Hariri, se rebelle contre la tutelle syrienne, avec l’appui  notamment des puissances occidentales.
On connaît la suite : assassinat de Hariri, fracture entre camp du 8 Mars et celui du 14 Mars, et contentieux autour de la création du Tribunal Spécial pour le Liban censé instruire l’assassinat de Hariri. La guerre entre Israël et le Hezbollah à l’été 2006 approfondit le clivage : si le Hezbollah sort symboliquement victorieux de sa confrontation avec la puissante armée israélienne, il est critiqué pour avoir embarqué le pays dans une aventure militaire extrêmement coûteuse. Le bras de fer se prolonge et mène à une confrontation armée entre, d’un côté le Hezbollah, chiite, de l’autre les partisans du Courant du Futur de Hariri, sunnite, en mai 2008. Si l’épisode permet à la diplomatie qatarie de parrainer un compromis ouvrant la voie à l’élection d’un nouveau président, Michel Sleimane, pour succéder à Emile Lahoud dont le mandat avait été inconstitutionnellement prolongé, il constitue un véritable traumatisme pour l’opinion sunnite qui se découvre démunie face à la puissance armée du Hezbollah.
Le conflit syrien, qui commence en 2011 et prend très vite une coloration sectaire, approfondit encore la polarisation de la scène libanaise. En effet, le Hezbollah se rallie très vite au régime de Bashar el Assad, alawite (branche de l’Islam assimilée au chiisme), tandis qu’une partie de la rue sunnite se mobilise en faveur des rebelles syriens, eux-mêmes majoritairement sunnites. A mesure que le conflit s’intensifie et ouvre la voie à des groupes djihadistes sunnites, l’on observe une radicalisation d’une frange sunnite au Liban. Parmi les symptômes les plus visibles l’on peut citer les combats périodiques qui ont opposés les quartiers de Bab el Tabbeneh (à majorité sunnite) et Jabal Mohsen (à majorité alawite) dans la ville de Tripoli et la vague d’attentats (y compris attentats-suicides) qui ont visé la communauté chiite au Liban et les intérêts de l’Iran, considéré comme son protecteur.
Mais cette polarisation entre Islams sunnite et chiite ne se limite pas à la Syrie et au Liban. Elle embrase l’ensemble de la région avec, d’une part, l’émergence de l’Etat islamique, sunnite, qui souhaite décimer, entre autres, les chiites, d’autre part avec la montée en puissance de la rivalité entre la puissance saoudienne et l’Iran sur des terrains aussi divers que la Syrie, l’Irak ou le Yémen. C’est dire combien le contexte régional dans lequel baigne actuellement le Liban est lourd, d’autant plus que le pays, qui ne fait qu’environ 10 000 km² et près de 5 millions d’habitants, héberge aujourd’hui plus d’un million de réfugiés syriens.

Conclusion
A l’aune des failles tectoniques qui caractérisent le Moyen-Orient aujourd’hui, l’élection d’un président à la tête du Liban est donc une avancée mineure. Bien évidemment, dans la mesure où elle signale que les acteurs locaux et leurs patrons étrangers (essentiellement le clan Hariri et le parrain saoudien, désormais moins engagé) ne sont plus sur des positions jusqu’au-boutistes, elle pourrait entraîner le déblocage d’un certain nombre de contentieux internes. Mais il est important de rappeler qu’aux termes de l’accord de Taëf qui mettait fin à la guerre civile, le président de la république, maronite, a perdu des pouvoirs considérables au profit du premier ministre, sunnite, et du président de la chambre, chiite. Ce qui pose bien sûr la question de savoir comment le trio qui se profile, Michel Aoun à la présidence, Saad Hariri à la tête du gouvernement, et l’éternel Berri au gouvernail du Parlement, va œuvrer pour répondre aux défis nombreux que connaît le pays (économiques, politiques, sociaux, sécuritaires, écologiques…).
Le consensus qui a permis l’élection du 31 octobre signale-t-il une maturité nouvelle et une volonté de s’affranchir de la tutelle des patrons extérieurs, ou est-ce le simple résultat d’une convergence ponctuelle des intérêts susceptible de se défaire à la première occasion ? Les prochaines semaines commenceront à apporter des éléments de réponse avec la constitution d’un nouveau gouvernement présidé par Hariri et la préparation des futures élections législatives, prévues en 2017. A l’instar des précédentes élections présidentielles, tant la formation de chaque gouvernement que l’organisation d’élections législatives avaient en effet donné lieu cette dernière décennie à de nombreux blocages et bras de fer. En ira-t-il différemment cette fois?  »

 
Elena Aoun a enseigné à l'Université Libre de Bruxelles et à l'Université de Namur. Elle est désormais professeur à l'Université Catholique de Louvain.
Ses recherches portent sur la politique étrangère de l'Europe au Moyen-Orient ainsi que sur les différentes crises du Moyen-Orient et le maintien de la paix.
Elle est membre du Centre d'étude des crises et conflits internationaux (CECRI), du Réseau de recherche francophone sur les opérations de paix (Université de Montréal), de l'International Studies Association et collaboratrice au centre de Recherche et Enseignement en Politique internationale (REPI - ULB).
NDLR: Le professeur Elena Aoun n'a aucun lien de parenté avec le président Michel Aoun.

Auteur Detobs85 - Tags Liban;, Aoun;, Hariri;, Gouvernement


Le bout du tunnel ?

date 22-10-2016 - Voir tous les articles de la catégorie Casques blancs Casques blancs - com 0 commentaire(s)-

Le bout du tunnel ?
Une alliance de circonstance

Il ne faut pas être grand clerc pour imaginer, malgré tout le bien que l'on souhaite pour le Liban, qu'une telle alliance puisse, dans l'hypothèse où elle se confirmerait, tenir longtemps au profit de ce Pays tourmenté.
Du temps du DETOBS, on se souvient que le Général Aoun et le Hezbollah ne faisaient pas nécessairement "bon ménage". On a compris aussi que cela a bien changé, notamment depuis 2006.
Sachant donc - malgré ma courte expérience de 4 mois de "Casque blanc" - qu'au Liban (mais ailleurs aussi, hélas), on n'en est pas à un retournement près, je reste forcément extrêmement circonspect face à cette probabilité et toujours particulièrement inquiet quant à l'avenir incertain du "Pays du Cèdre".
On devrait en savoir plus le 31 octobre prochain.

 

Auteur Detobs85 - Tags Présidence, Aoun, Hariri, Hezbollah



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